Comment gérer sa blessure ?

Hello tout le monde !

Aujourd’hui, j’ai décidé de partager avec vous mon expérience, de vous donner mes conseils et d’entendre les vôtres ! Pour ceux qui ne le savent pas encore, en mai dernier, très exactement le 12, je me suis blessée la cheville gauche en pleine répétition de danse.

Mon passif en terme de bobos

Je n’ai jamais rien eu de grave. J’ai eu des petites foulures étant enfant, mais jamais rien de grave. La plus grosse blessure que j’avais eu était une entorse à la cheville droite. J’avais 18 ans, j’étais en soirée, un peu fofolle avec un petit coup dans le nez, je suis tombée et hop ! … Ce fut très douloureux, mais une semaine plus tard j’étais en boite de nuit et trois semaines plus tard sur scène. Alors j’aurai peut être pas du, mais bon j’ai réussi quand même à chaque fois.

Ce qu’il faut savoir, c’est que j’ai fait de la danse pendant des années, et de manière très intensive durant une certaine période. Et je ne me suis JAMAIS blessée en dansant, JAMAIS. Pour moi c’était impensable, je n’imaginais même pas que cela puisse arriver.

Que s’est-il passé ?

Il est 22h, cela fait plus de 2h que je répète. Nous sommes à un mois de la représentation. Cela fait des années que je n’en ai pas fait et je présente 4 chorégraphies, dont un solo et un duo. Nous répétons une chorégraphie de groupe sur le morceau Roxane, Moulin Rouge. Notre professeur veut nettoyer le balai, afin que nous soyons toutes le plus synchro possible. Donc on reprend un enchainement : une fois, deux fois, trois fois … je ne compte plus. Je le connais par coeur, je l’ai déjà dansé plusieurs fois il y a quelques années. Je ne réfléchis plus, je saute … et je tombe !

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J’entends un CRAC qui me donne encore la chair de poule aujourd’hui, je fonds en larme, je me retiens de hurler. J’ai mal, je n’ai jamais eu mal comme ça avant. Je tiens ma cheville dans mes mains, et je suis effrayée à l’idée d’enlever mes mains et de voir à quoi peut bien ressembler ma cheville. Tout le monde autour me supplie de me lever pour vite aller mettre mon pied sous l’eau froide.

On m’emmène tant bien que mal, une de mes camarades court chercher de la glace dans la brasserie d’à côté, la douleur est insupportable. Et en plus de cela, je suis énervée : le spectacle est dans un mois, j’ai envie de tout casser autour de moi.

Les premiers traitements

Heureusement pour moi, l’hôpital est en face et mes parents sont à 5 minutes. Ils m’emmènent donc aux urgences, où mon chéri nous rejoint. Heureusement il n’y a pas trop de monde. La radio ne laisse rien apparaître d’anormal. Le médecin m’arrête une semaine : il me prescrit repos, glace, antidouleur et atèle. « Dans deux semaines vous commencez la kiné pour deux semaines, et vous serez opérationnelle pour la reprise de la danse et votre spectacle ».

Je suis rassurée même si je reste inquiète. Oui mais voilà, les jours passent, mais pas la douleur. Je reste enflée, l’hématome ne fait que grandir et j’ai des nouvelles douleurs qui apparaissent. Je m’oblige parfois à poser le pied par terre, toujours avec mes béquilles en me persuadant que c’est un progrès.

Au bout de deux semaines, j’officialise mon absence au spectacle. Je ne veux pas qu’on attende après moi alors que je ne suis toujours pas mieux. Je suis dégoûtée, en plus je ne peux toujours pas retourner bosser alors que j’ai commencé il y a à peine deux mois ce nouveau job. Je suis coincée chez moi, je ne peux pas faire le ménage, la douche est une torture. Je regarde la télé toute la journée et je reprends la cigarette. J’ai l’impression que mon atèle est inutile et que les médicaments m’empêchent de réaliser la gravité de ma blessure. Il n’y a que la glace qui me soulage.

Trois semaines après ma blessure, je retourne voir mon médecin traitant. « Ca traîne, ce n’est pas normal, je vais vous prescrire une IRM ».

Résultats de l’IRM

Rupture du ligament talo-fibulaire. Je me rappellerai toujours de cette phrase. J’avais envie de chialer, j’étais dégoûtée. Je pouvais lire aussi « grosses contusions osseuses », mais je ne comprenais pas trop. J’enchaîne alors les RDV médicaux avec des « spécialistes », mais aucun ne me satisfait, alors je fais confiance à mon instinct. Et aussi à un ami kiné qui me dit « commence la kiné de suite ».

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Après un mois, je démarre donc la rééducation, dans un premier temps à domicile. C’est l’horreur, j’ai envie de pleurer à chaque fois. Je dois réapprendre à poser le pied au sol, avec mes béquilles et ma chevillère. Je n’arrive pas à marcher, je ne me rappelle plus quel mouvement je dois faire. Et en plus, ça me fait mal.

Deux semaines plus tard, j’utilise uniquement une béquille, parfois deux. C’est toujours difficile de marcher, mais j’essaie de faire des efforts tout en respectant ma douleur.

Entre temps, j’ai obtenu un RDV avec un spécialiste de la clinique du sport, je veux des réponses et des vraies. « Mais comment vous avez fait ça ?? » (Tous les médecins et kiné que j’ai vu m’ont dit ça en regardant mes résultats d’IRM d’un air abasourdi.)

Il m’explique que je dois continuer une rééducation douce, et que le ligament devrait se réparer seul puisqu’il s’agit d’un ligament vascularisé. Il me redonne RDV 3 mois plus tard pour voir où on en est par rapport à la reprise du sport.

Septembre 2016

Cela fait 4 mois que je me suis blessée. Mon RDV à la clinique du sport est assez mitigé : mon ligament est cicatrisé, ce qui est une très bonne chose. Mais mes contusions osseuses mettent du temps à cicatriser (apparemment c’est normal). Le médecin me dit que si à la date anniversaire de ma blessure j’ai encore mal, il faudra peut-être envisager une intervention … J’ai le droit de reprendre le sport doucement, mais pas la course, ni la danse. Et de plus, je dois continuer la kiné.

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Les semaines et les mois passent, je fais des progrès mais les douleurs ne disparaissent pas. Le kiné me diagnostique un potentiel « carrefour postérieur ». J’en ai marre, il y a toujours quelque chose. Je me renseigne sur le carrefour postérieur : beaucoup de danseuses en ont, je suis dégoûtée.

ICP

Je décide de prendre RDV à l’Institut de la Cheville et du Pied à Paris. La docteur check mon IRM et hallucine à son tour « Est ce que vous réalisez la gravité de vos contusions osseuses ? » Je réponds que je suppose que oui, étant donné les douleurs encore présentes. Mais j’explique que je ne comprends pas vraiment ce que c’est. Et là ce qu’elle me dit éclaircit tous les mois qui viennent de s’écouler « Votre moelle épinière à tout simplement éclaté à l’intérieur de vos os ».

Enfin !!!! Je réalise pourquoi j’ai autant mal depuis des mois et des mois « c’est donc ça une contusion osseuse ».

Elle m’examine et confirme la potentielle présence d’un syndrome du carrefour postérieur. Elle me demande de faire une IRM dans un centre d’imagerie bien spécifique avec un médecin bien spécifique. En fonction des résultats il faudra soit :

  • attendre que ça passe tout seul
  • faire une infiltration
  • envisager une intervention

Et elle m’interdit de nouveau le tapis, la course, la presse et le rameur. Aucun choc et aucun étirement forcé de la cheville.

On est en janvier, et j’en suis encore là je suis dégoûtée. Les trois solutions possibles me mettent hors de moi :

  • Attendre ?? La blague mais encore combien de temps ?
  • Une infiltration ?? Cette piqûre à base de cortisone, qui fait mal, qui marche pas toujours et qu’on est souvent obligé de refaire régulièrement jusqu’à la fin de sa vie ? Génial !
  • Une intervention … Il manquait plus que ça ! Encore un arrêt et encore une rééducation, non merci sans façon !

Ce que j’ai fait

J’ai décidé dans un premier temps, avant de passer mon IRM, de mettre toutes les chances de mon côté de la façon la plus naturelle possible. J’ai pris plusieurs RDV chez l’osthéo, j’ai continué seule mes mouvements de rééducation, j’ai massé et musclé de façon à utiliser ma cheville le moins possible.

Depuis environ deux semaines, j’ai l’impression que ça va beaucoup mieux. J’ai encore mal, et je n’ai toujours pas récupéré la mobilité que j’avais mais il y a du progrès. Je ne peux toujours pas marché en talons, mais je peux me tenir debout avec.

douleur derrière le talon

Mes derniers résultats

Pas de carrefour postérieur : OUF !

Belle amélioration depuis mon incroyable blessure : TOP !

Oedème dans l’os à l’arrière du pied, qui peut se confondre avec le carrefour postérieur : NAZ !

En conclusion

Je retourne à l’ICP dans 6 jours. Je risque de faire une infiltration. Je vous en dirai plus lorsque ce RDV sera passé.

Mes conseils

Dirigez-vous de suite vers les meilleurs spécialistes, même lorsque vous pensez que ce n’est pas grave. N’hésitez surtout pas à demandez plusieurs avis, même faites-le. Ecoutez votre instinct et restez positif. Le mental est primordial dans ce genre de situation.

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